Pourquoi photographier en RAW ?

Le monde de la photographie ne parle que du fichier RAW, c’est la norme. Si c’est vraiment le cas, pourquoi les téléphones portables (hormis l’iPhone 12 et les suivants) ne l’utilisent-ils pas ? Dans les faits, les téléphones portables sont devenus les premiers appareils photo vendus. Alors, pourquoi devoir photographier en RAW quand on a un réflex ou un hybride ?

Qu’est-ce qu’un fichier RAW ?

Un fichier RAW est un fichier brut. Cela veut dire qu’il n’a subi aucune modification ou compression automatique de votre appareil photo. Ce fichier peut avoir une extension différente selon la marque de votre appareil photo (NEF pour Nikon par exemple). Dans tous les cas, le fichier est dit brut de capteur et attend donc un développement avant d’être exploitable.

En effet, un fichier RAW peut être lu sur un ordinateur, mais pas sur une télévision ou même un téléphone portable facilement. Le standard pour les photographies est le JPEG qui est un format développé. C’est comme pour la photographie argentique où il faut la passer dans des bains révélateurs avant de pouvoir l’utiliser.

De plus, chaque marque utilise un format de fichier RAW différent. Ils ne sont pas compatibles entre eux, ce qui complexifie un peu plus le travail pour les lire sans les développer. Heureusement, il y a des avantages à utiliser les fichiers bruts.

Est-ce une obligation ?

Je vais tout de suite tordre le cou à une croyance populaire, il n’est pas obligatoire de photographier en RAW pour retoucher ses photos. Il est aussi possible de le faire en JPEG, mais il y aura de la perte d’informations dans la photographie. Certaines retouches seront moins profondes ou avec moins de possibilités qu’avec un fichier RAW.

Donc, il n’est absolument pas obligatoire de photographier au format RAW, en plus cela prend plus de place sur la carte mémoire. Mais alors, pourquoi les professionnels n’utilisent-ils que ce format ? Tout simplement, car il est possible de récupérer plus d’informations dans les zones d’ombres ou de lumières. Il est aussi possible de modifier la balance des blancs avec un RAW.

De plus, étant donné qu’il s’agit d’un format brut, il n’y a aucune compression de l’image. Chaque pixel de la photographie est donc utilisable et modifiable avec du temps et un logiciel particulier. La compression d’un JPEG fait perdre des informations dans les noirs et les blancs, ce qui permet d’avoir des fichiers allégés.

Compression et décompression du format JPEG

Quels sont les avantages ?

Le premier avantage, comme je l’ai écrit plus haut est qu’il est dimensionné pour la retouche. Il est possible de quasiment tout faire avec une photo brute, tout comme un négatif argentique. Récupérer des détails dans une image très sombre ou très claire est assez simple avec un fichier RAW.

Le second avantage est que la qualité du fichier ne dépend pas de l’algorithme de compression contenu dans le boitier. En effet, le format JPEG est géré de façon différente selon les boitiers, les marques et les gammes de chaque appareil photo. Pire, sur certains appareils, des filtres peuvent dénaturer entièrement la photo lors de leur enregistrement en JPEG.

Le troisième avantage est qu’il est possible de faire coexister le format RAW et le format JPEG. Quand on développe une photo, il est possible de garder le fichier brut pour la développer différemment plus tard. En gros, le fichier RAW fonctionne exactement comme le négatif en photographie argentique.

Ma démarche personnelle

Quand je suis passé au réflex numérique, je me suis penché sur le format RAW. Je trouvais le processus de développement trop long et je ne pouvais pas utiliser mes photos directement à la sortie de mon boitier. J’ai donc configuré mon boitier pour prendre mes photos directement en JPEG. J’ai gardé ce réglage pendant quelques années.

Quand j’ai commencé la macrophotographie, j’ai eu des besoins de développement plus évolués. Il me fallait pouvoir reprendre la balance des blancs plus précisément, récupérer quelques détails dans les blancs et rectifier le bruit numérique.

Depuis ce temps, j’utilise le format RAW sur tous mes appareils photo et drones. Pour chaque sortie photo, vacances, évènement, je développe l’ensemble de mes photos et je les exporte en JPEG. Après cela, je supprime le format RAW et j’utilise le format JPEG pour toutes les sorties papiers et le stockage.

Pour conclure, il n’y a aucune obligation d’utiliser le format RAW, mais c’est tout de même un avantage pour le développement. Cela demande un peu de préparation et de méthode et ça vaut vraiment le coup de s’y pencher.

Renaud Perraihttps://www.renaudperrai.fr
Développeur d'applications et administrateur de réseaux de formation, je gère des projets innovant pour le compte d'une grande entreprise française. Photographe autodidacte, je cherche toujours à m'améliorer et expérimente beaucoup. L'apprentissage par l'erreur est le meilleur moyen de progresser, mais l'échec est une étape difficile.

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