Photographie

Acheter un objectif d'occasion

Acheter un objectif d'occasion
Un appareil dans la nature Renaud PERRAI

Acheter d'occasion permet de s'équiper à moindre coût et de moins polluer notre planète (cela réduit le marché du neuf). Pour un élément aussi sensible qu'un objectif, cela demande des vérifications sérieuses. Si tout se passe bien, il est possible de s'équiper d'une optique professionnelle pour un prix raisonnable.

À distance ou en main propre ?

Pour un élément aussi sensible qu'un objectif, la vente à distance ne semble pas une piste à privilégier. Il y a énormément de pièces en mouvement dans un objectif et un choc peut compromettre son bon fonctionnement. De plus, il est fortement recommandé de le tester avant de conclure la vente. Cela oblige à se restreindre à une petite quantité de produits disponibles, surtout si l'on n'habite pas Paris.

Cela dit, il m’est déjà arrivé d’acheter des optiques d’occasion en ligne avec des vendeurs de confiance. Toutefois, le prix était inférieur à 300€. Dans ces conditions, je demande de nouvelles photos non retouchées de l’objectif afin de vérifier son état. Je privilégie aussi le paiement par PayPal qui permet d'être couvert en cas de produit non conforme.

Pour le moment, je n'ai pas eu de problèmes avec mes achats à distance comme en main propre. J'ai souvent eu des passionnés, ce qui permet en plus de passer un bon moment à discuter.

Les questions à poser

Avant de commencer à vérifier toutes les facettes de l’objectif, je pose toujours plusieurs questions afin de m’assurer de la bonne foi du vendeur. De plus, cela me permet de connaître un peu l’utilisation que le vendeur en avait. Voici les quelques questions que je pose :

  • Êtes-vous le premier acquéreur ? Cela permet de savoir si l’objectif a toujours été traité de la même manière. Le mieux étant d’avoir une première main.
  • Avez-vous la facture ? Cela permet d’avoir la date d’achat, le prix ainsi qu'une preuve de l’achat de cet objectif. Elle permet aussi à votre assurance de vous rembourser en cas de problème.
  • Vous vous en êtes servi beaucoup ? La réponse est souvent faussée (en dessous de la vérité), mais au moins elle permet de savoir s’il a été souvent démonté ou rester au fond d’un placard.
  • Pourquoi le vendez-vous ? Si la réponse est approximative, fuyez ! Dans beaucoup de cas, c’est qu’il y a un problème avec l’objectif. La réponse la plus compréhensible est le changement d’objectif ou un arrêt de la photographie.

Vérifier l’extérieur de l’objectif

Avant de monter l’objectif sur mon boîtier, je commence toujours par vérifier l’extérieur de l’objectif. Avec quelques manipulations toutes simples, on peut se rendre compte de l’état général de l’optique. Pensez à prendre un chiffon microfibre pour pouvoir nettoyer les lentilles. Voici ce que je vérifie :

  • L’état cosmétique général de l’objectif et du pas de vis du filtre.
  • L’absence de défaut sur les lentilles avant ou arrière. En même temps, je regarde l’absence de poussière entre les lentilles.
  • Que le caoutchouc des bagues ne soit pas trop distendu. C’est une maladie que l’on retrouve sur certains objectifs Sigma, Tamron et Nikon 17-55.
  • Le bon état mécanique général de l’objectif, la bague de zoom fluide, la bague de mise au point, l’ouverture du diaphragme.
  • L’absence de rouille ou de coups sur les contacteurs.
Objectif
Un essai simple pour les objectifs - Jonas Svidras

Vérifier l’intérieur de l’objectif

C’est la partie la plus intéressante, mais aussi la plus complexe de la vérification du bon fonctionnement de l’objectif. Les manipulations ne sont pas compliquées, mais il faut bien prendre son temps pour être sûr que tout fonctionnera en harmonie. Voici les quelques points que je vérifie :

  • Le couplage parfait entre mon boîtier et l’objectif, pas de déformation de la bague ni de prise d’air visible. Si l’objectif est tropicalisé, il faut vérifier l’état du joint.
  • Le bon fonctionnement de l’autofocus à différente distance (très proche jusqu’à l’infini). Pour la très proche, prenez un livre et faites le point sur une lettre. Cela permet de prévenir les problèmes de mise au point.
  • Le bon fonctionnement du diaphragme sur toute sa plage. Je fais 3 photos à l’ouverture maximum, minimum et une ouverture « classique » (ƒ/8 ou ƒ/5.6).
  • La présence de poussières qui aurait pu m’échapper au premier contrôle. Pour ça, je mets le diaphragme à son ouverture minimum (ex: ƒ/32) et je prends une photo du ciel ou d’un panneau blanc. Enfin, je balaie mon image en zoomant.
  • La présence des bonnes informations de l’objectif dans les exif du boîtier. C’est une chose toute bête, mais vérifier que l’objectif donne au boîtier les bonnes informations d’ouverture et de longueur permet de ne pas se retrouver avec des prises de vue faussées en exposition.

Pour cette phase d'essai, prenez le temps de vérifier les photos en zoomant afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de défaut visible.

Intérieur d'une optique
Un exemple du circuit imprimé dans un objectif - NickyPe

La transaction

Chaque achat / vente est différent et l'on peut se prémunir de quelques désagréments en prenant des précautions simples. Je préviens avant le rendez-vous le vendeur que je vais lui demander quelques informations supplémentaires sur son produit.

  • Je rédige, avec le vendeur, une lettre de cession (à télécharger ici) prouvant mon achat. Cette lettre n’a aucune valeur juridique hormis le fait de vous couvrir en cas de recel. Certains assureurs la prennent comme preuve d’achat en cas de sinistre (mais très peu).
  • Je demande la facture même si le produit n’est plus sous garantie. Cela reste aussi une preuve d’achat en cas de sinistre. De plus, les garanties « légales » ne sont pas nominatives, seules les extensions le sont.

Dans tous les cas, l'achat d'occasion est une bonne chose pour l'écologie et l'économie (la vôtre bien entendu). La bonne foi du vendeur et de l'acheteur est un point crucial lors d'un achat d'occasion. Mieux vaut refuser un achat que de le regretter.

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