Photographie

Acheter un boîtier d'occasion

Acheter un boîtier d'occasion
Papillon sur mon boîtier Renaud PERRAI

Acheter un boîtier d'occasion permet de s'équiper d'un appareil à moindre coût. En plus de faire du bien à la planète, vous faites du bien à votre compte en banque. Cela permet aussi de monter en gamme pour le même prix qu'un appareil neuf moins performant. Cependant, vous devez sûrement vous poser des questions sur cet achat pour être sûr de ne pas vous faire arnaquer. Voici quelques conseils que je suis lors de mes achats.

À distance ou en main propre ?

Pour appareil photo, je préconise la remise en main propre. Le boîtier photo est un élément important et surtout cela coûte cher et il y a beaucoup d’électronique à vérifier avant son achat. En plus, il y a un élément essentiel que la vente à distance ne permet pas, tester l’ergonomie du boîtier pour savoir s’il nous convient.

L’achat à distance est bien sûr possible, mais il faut avoir une grande confiance dans son vendeur. Je ne saurais trop vous conseiller de choisir un site de confiance avec des photographes de bonne renommée pour être sûr de ne pas vous faire avoir. Je vous conseille d’aller faire un tour sur les annonces du site Nikon Passion où la plupart des vendeurs sont des personnes de confiance (attention aux nouveaux vendeurs avec peu de messages).

Les questions à poser

Avant de même de prendre un rendez-vous avec le vendeur, je pose toujours plusieurs questions afin de m’assurer de la bonne foi de celui-ci. Cela me permet aussi de connaître un peu l’utilisation que le vendeur en avait (professionnel, amateur, déclencheur compulsif, etc. …). Voici les quelques questions que je pose :

  • Êtes-vous le premier acquéreur ? Cela permet de savoir si le boîtier a toujours été traité de la même manière. Le mieux étant d’avoir une première main avec peu de déclenchements (j’y reviendrai après).
  • Avez-vous la facture ? Cela permet d’avoir la date d’achat, le prix, mais aussi une preuve de l’achat du boîtier. Elle permet aussi à votre assurance de vous rembourser en cas de problème.
  • Vous vous en êtes beaucoup servi ? La réponse est souvent faussée (en dessous de la vérité) mais au moins elle permet de savoir s’il a été souvent utilisé. Il existe une valeur sûre, le nombre de déclenchements.
  • Pourquoi le vendez-vous ? Si la réponse est approximative, fuyez ! Dans beaucoup de cas, c’est qu’il y a un problème avec le boîtier. Le changement de matériel ou le passage au plein format sont des réponses entendables.
  • Un test est-il possible ? Si vous n’êtes pas trop loin du vendeur, demandez à réaliser un test du matériel. Si le vendeur vous dit que ce n’est pas possible, laissez tomber.

Le nombre de déclenchements

Voilà une donnée qui fait partie des plus importantes dans l’achat d’un boîtier photo, mais pourquoi ? On peut comparer le nombre de déclenchements d’un boîtier photo au kilométrage d’une voiture. Plus il y en a et plus il y a des chances d’avoir des pannes d’usure. Toutes les parties électroniques et surtout mécaniques sont prévues pour un nombre de déclenchements définis à l’avance par le constructeur. N’y voyez pas de théorie sur l’obsolescence programmée, mais simplement une usure des composants mécaniques. Par exemple, pour le Nikon D7000 (gamme expert), le nombre de déclenchements maximum garanti est de 150 000.

Une façon de connaître, de façon sûre, le nombre de déclenchements est de demander une photo prise avec le boîtier le jour même. Avec cette photo, vous aurez la possibilité de vérifier que les données sont cohérentes avec votre demande. Dans les données EXIF, il faut vérifier la date de prise de vue, le matériel et le nombre de déclenchements (sur Mac OS X, c’est automatique). Il existe beaucoup de solutions pour connaître précisément le nombre de déclenchements, vous trouverez une liste sur le site Nikon Passion.

Enfin, quand vous connaissez le nombre de déclenchements du boîtier photo, divisez-le par le nombre de mois depuis son achat. Cela donne une bonne indication sur l’utilisation du boîtier. Si l’acheteur vous dit qu’il en a fait une utilisation amateur classique et que le nombre de déclenchements par mois dépasse les 2 000, ça ne semble pas cohérent.

Exemple issu du site Shuttercount

Vérifier l’extérieur

Si vous en arrivez jusqu’à cette étape, c’est que vous avez trouvé le boîtier qui vous convient et que vous avez privilégié une remise en main propre. Maintenant, il faut encore vérifier quelques petites choses sur le boîtier pour ne pas avoir de mauvaises surprises par la suite. La vérification sera plus profonde avec un boîtier plus complexe, car il y a plus de molettes et de fonctions à vérifier.

Voici une petite liste des éléments que je vérifie pendant un achat :

  • Le boîtier ne doit pas comporter de trace de choc. Il peut y avoir des traces d’usure classique (griffures), mais un choc ou renfoncement peut provoquer des dommages sur le mécanisme interne ;
  • Toutes les molettes doivent tourner sans accroche ;
  • L’écran doit fonctionner correctement et avoir une protection pour les modèles expert et plus ;
  • Tous les caoutchoucs doivent être présents et de préférence non recollés. Il pourrait avoir été rangé dans de mauvaises conditions ;
  • Il ne doit pas y avoir de trace de champignon ou de piquetage sur les parties caoutchouc ;
  • La trappe de la batterie doit encore bien jouer son rôle de fermeture.
Reflex en mauvais état
C'est pas en super état ça - Danny H.

Vérifier son fonctionnement

Cette partie est la plus importante, mais aussi la plus délicate. Je vous conseille de toujours partir avec 2 objectifs quand vous allez tester un boîtier, 1 motorisé et 1 non motorisé (si c’est un boîtier expert ou plus). Tester un boîtier avec vos propres optiques vous permettra de vous faire une vraie idée de son rendu final. Le mieux est aussi de pouvoir voir les photos sur un grand écran, mais ce n'est pas toujours possible. Cela permet de se rendre compte si un nettoyage du capteur sera à faire et négocier le prix si c’est le cas.

Pour vérifier le bon fonctionnement du boîtier, voici quelques petites manipulations que je fais :

  • Vérifier l’autofocus des optiques motorisées ou non. Je choisis un sujet proche puis un sujet loin. J’en profite aussi pour vérifier le bon fonctionnement du bouton de couplage de l’autofocus.
  • Vérification des différents modes de prise de vue et surtout le mode A. Le changement de l’ouverture de l’optique permet de savoir si la liaison se fait bien. Cela permet en même temps la vérification des molettes de sélection.
  • Prise de vue du ciel pour vérifier la présence de poussière sur le capteur. Il faut zoomer un peu partout dans la photo, cela permet de voir la qualité du capteur et de l’écran.
  • Navigation rapide un peu partout dans les menus et remise à zéro de tous les réglages.
  • Si le boîtier le permet, vérifier la qualité de la batterie présente.

La transaction

Chaque achat / vente est différent, mais on peut se prémunir de quelques désagréments en prenant des précautions simples. Je préviens avant le rendez-vous le vendeur que je vais lui demander les 2 choses suivantes :

  • Rédaction, avec le vendeur, une lettre de cession (à télécharger ici) prouvant mon achat. Cette lettre n’a aucune valeur juridique hormis le fait de vous couvrir en cas de recel. Certains assureurs la prennent comme preuve d’achat en cas de sinistre (mais très peu).
  • Demander la facture même si le produit n’est plus sous garantie. Cela reste aussi une preuve d’achat en cas de sinistre. De plus, les garanties « légales » ne sont pas nominatives, seules les extensions et les assurances le sont.

Avec toutes ces astuces, vous avez déjà vérifié une bonne partie des anomalies qui pourrait gâcher votre achat. Bien sûr, nous ne sommes jamais à l’abri d’un problème technique qui serait passé inaperçu pendant la phase de test. Il faut aussi se dire que l’achat d’occasion doit se faire entre personnes responsables et transparentes, si ce n’est pas le cas, il est préférable de « laisser tomber » que de se retrouver avec un produit non conforme.

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